Centre d'études et de formation interprofessionnel
Formation interprofessionnelle

Le Capitalisme et ses évolutions à l’ère du numérique

Organisme : CEFI Solidaires Basse Normandie
Lieu : CAEN (14000)
Date de début : 28 novembre 2022
Date de fin : 30 novembre 2022
Durée : 3 jours
Thématiques :
Economie Autres
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Demandes d’inscription uniquement via les syndicats ou structures, accompagnées de la fiche CEFI MaCaO -en pièce jointe - entièrement complétée.

Contact : formationsolidairesbn@orange.fr

La recherche de profits avec toujours moins de salarié·es passe par différents canaux :
Les usager·es ont l’obligation de saisir leurs données de toutes sortes sur internet (impôts, banques, santé et autres administrations). Tout le monde n’ayant pas l’aisance de l’outil informatique, des entreprises privées s’engouffrent dans le créneau pour servir d’intermédiaire par des services payants.

L’engouement du commerce en ligne sans intermédiaire réduit l’emploi et crée l’hégémonisme des géants du Web. L’isolement des personnels dans chaque maillon de cette chaîne, de la production à la distribution, supprime toute forme de revendication coordonnée.
Les conditions déplorables d’emploi auxquels sont soumis les travailleur·euses induisent des souffrances dignes de l’âge d’or de l’esclavagisme.

La marchandisation des données personnelles de navigation bat son plein. Selon le commissaire européen T. Breton, elle devrait être multipliée par cinq en 5 ans et constituer un élément essentiel de l’économie mondiale. Ce moyen semble privilégié pour accroître encore la part des 1 % les plus riches qui possèdent déjà 46 % des ressources disponibles.

L’usage immodéré des intelligences artificielles supplée les prises de décisions humaines. La suppression à très court terme de plus de 30 % des travailleur·euses de certains secteurs sera une réalité.

L’établissement de censures et désinformations anéantit les luttes et revendications dans la vie de tous les jours. Comme l’illustre l’organisation Cointelpro liée au FBI dont la mission était de faire de la désinformation et de désorganiser les groupes d’activistes. Documents à l’appui tel que l’a révélé Wikileaks le 12 juillet 2012.

Les trésors d’ingéniosité pour manipuler les consciences sont à l’œuvre, à l’instar de Facebook, qui en 2012, a mené une expérience concluante de manipulation mentale auprès de 683 003 utilisateurs et utilisatrices de son réseau social.

La publicité nouvelle génération sonne à nos portes pour que nous consommions toujours plus. Avec l’émergence des appareils connectés, le rapport investissement/retombées est largement plus lucratif qu’auparavant.

La surveillance des populations au profit du pouvoir financier s’aggrave. Bienvenue dans le capitalisme de surveillance ! Les géants du web, Google, Facebook, Microsoft et consorts, ne cherchent plus seulement à capter toutes nos données, mais à orienter, modifier et conditionner tous nos comportements : notre vie sociale, nos émotions, nos pensées les plus intimes… jusqu’à notre bulletin de vote.

Identifier les adversaires qui ont changé depuis la première financiarisation en intégrant aussi la transformation géopolitique et le rôle des États.

Les GAFAM adoptent et perfectionnent le modèle d’affaires dominant aujourd’hui, celui des plateformes pair-à-pair du capitalisme numérique, s’enrichissent principalement par la collecte de données et le statut intermédiaire qu’il leur confère.

Ces géants créent ainsi leur propre marché, voire contrôlent une économie entière bien au-dessus des gouvernements. Les entreprises ne se contentent plus de la production industrielle et de la valeur ajoutée liée au travail des salarié·es, même si dans le cas d’Amazon la vente de données s’accompagne de logistique d’entrepôts, avec les conditions déplorables d’emploi que l’on connaît.

Les états ne peuvent assurer une quelconque « souveraineté » numérique, dans quelque domaine que ce soit. Le passage obligé par des acteurs privés constitue une menace pour la démocratie.

Des sociétés comme IBM lancent année après année des composants sur le marché. Ce renouvellement incessant des technologies et matériels a un coût écologique exponentiel. Les data-centres, par exemple, engloutissent déjà 1 % de la consommation électrique mondiale.

Les fermes de crypto-monnaies, propriétés d’investisseurs privés au Kazakhstan, occasionnent déjà des catastrophes environnementales et sociétales, le gouvernement ne pouvant plus subvenir aux besoins en électricité de ses habitant·es.

L’informatique quantique aux mains des GAFAM exploitera les propriétés surprenantes de la matière à l’échelle subatomique. Elle devrait permettre à terme de construire des ordinateurs aux capacités de calcul ridiculisant celles des plus puissants supercalculateurs actuels. Elle sera prioritairement utilisée pour booster les profits dans les secteurs de l’industrie, la santé privée, l’armement, la gestion des flux financiers, le management d’une manière générale dans tous les secteurs clés.

Nous devons tenter de comprendre à quoi sert une telle quantité d’équipements numériques dans le processus de fabrication et de commercialisation des biens, et chiffrer ses conséquences sur l’emploi et l’écologie. Essayons de prendre la mesure des évolutions technologies à venir.

Enfin, notre objectif est de construire les réponses syndicales pour l’emploi et protéger les citoyennes et citoyens.

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